Nicolotti, Dal Mandylion di Edessa alla Sindone di Torino (recensione)
Data: Giovedì, 18 dicembre 2014 @ 01:55:08 CET
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Recensione di Andrea Nicolotti, Dal Mandylion di Edessa alla Sindone di Torino. Metamorfosi di una leggenda, Alessandria, Edizioni dell'Orso, 2011.

Tratto da «Revue des études byzantines» 70 (2012), pp. 308-309.

Vassa Kontouma
Paris, Ecole Pratique des Hautes Etudes
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Selon la légende, la ville d'Édesse possédait une image «non faite de main d'homme» (acheiropoietos), qui n'était rien de moins que l'empreinte du visage du Christ sur un linge de taille moyenne, une « serviette » . Cette relique, qui reçut le nom de « Mandylion» dans la tradition byzantine, arriva à Constantinople en 944. Elle y fut précieusement conservée à la Théotokos-du-Pharos, au sein du Grand Palais impérial. Au 13e siècle, Baudouin II la vendit à Louis IX, avec les autres « reliques de la Passion ». De 1240 à 1791, plusieurs témoignages confirment la présence de la « Sainte Toile » à Paris. Le 25 février 1791, elle quitte la Sainte-Chapelle pour l'abbaye de Saint-Denis. Le 18 novembre 1793 , elle est citée pour la dernière fois dans un inventaire, puis disparaît définitivement.
Parallèlement, à partir de 1357, un autre tissu vénérable commence à circuler en France: le linceul qui aurait recouvert Jésus après la Passion, et qui aurait conservé l'image « non faite de main d'homme» de son corps. Le «Saint-Suaire» est acquis par la Maison de Savoie en 1452 et déposé à Chambéry, puis à Turin, où il se trouve depuis 1578. De 1357 à 2010, cette relique de quatre mètres quarante de longueur a fait l'objet de plusieurs ostensions. La dernière a accueilli plus de deux millions de visiteurs. Pour les raisons matérielles évoquées ci-dessus, les historiens n'ont jamais fait de rapprochement entre le Mandylion byzantin et le Suaire de Turin. La situation changea cependant en 1978, sous l'impulsion d'une théorie « révolutionnaire» élaborée par Ian Wilson, un auteur à succès: le Suaire serait arrivé en Occident par l'intermédiaire des Templiers, qui l’ auraient caché jusqu'à la dissolution de leur ordre, en 1307; cette relique serait identique à l’image acheiropoietos d 'Édesse. Outre l'abondante littérature sindonologique qu'elle suscita, la théorie de Wilson fit quelques émules dans le domaine des études byzantines.
Chercheur à l'Université de Turin, Andrea Nicolotti se trouva confronté à cette littérature lors de la préparation d'un congrès international organisé pour l'ostension de 2010. Disons d'emblée qu'il ne ménagea pas sa peine pour présenter le plus sereinement et le plus sérieusement possible le dossier. Il commença par une communication faisant le point sur la réception des sources relatives au Mandylion, « Forme e vicende del Mandilio di Edessa secondo alcune moderne interpretazioni », éditée dans les actes du congrès de Turin (A. Monaci Castagno, Sacre impronte [...], Alessandria 2011, p. 279-307). Puis il publia une étude visant à réfuter la première hypothèse de Wilson, amplifiée par Barbara Frale (Bologne 2009) : I Templari e la Sindone. Storia di un falso, Rome 2011. Enfin , il entreprit la déconstruction de la seconde hypothèse de Wilson, tacitement reprise par Marc Guscin (Leyde-Boston 2009; cf.
Revue des études byzantines 69 , 2011, p. 290-292). Il s'agit de l'ouvrage présenté ici.
Dans ce dernier, Nicolotti adopte un plan chronologique qui permet de suivre l'itinéraire légendaire et réel du Mandylion, du roi Abgar à Louis XVI, d'Édesse à Paris. L'étude se compose de trente-sept courts chapitres, qui sont plutôt des fiches critiques permettant de trancher sur chaque point litigieux du dossier : origines de la légende, silences de certaines traditions orientales, terminologie relative à la « serviette » et à son reliquaire, histoire de la conservation de la relique, évaluation des témoignages byzantins et latins, iconographie, valeur des copies, présence dans la Grande Châsse de la Sainte-Chapelle, etc . L' auteur s'arrête, à chaque pas, sur les faiblesses de l'argumentation visant à identifier le Mandylion avec le Saint-Suaire . Pour lever toute ambiguïté, il s'attache à une lecture précise des sources, qu'il traduit à nouveaux frais à partir des textes originaux. Il met également à profit sa bonne connaissance de la relique de Turin, ce en quoi il se distingue de la plupart des byzantinistes. Il fournit enfin un riche dossier iconographique, en couleur, qui contribue à souligner la pertinence de son propos.
L'ouvrage ne comporte pas de bibliographie, celle-ci étant intégrée dans les notes, abondantes. En revanche, il est doté d'un utile index des noms propres. Sans ambition érudite et de lecture agréable, l'ouvrage de Nicolotti relève le défi de répondre simultanément aux attentes des spécialistes et d' un public plus large. Alliant une excellente connaissance des sources au bon sens et à la simplicité, il met un terme au débat stérile qui prend à témoin les byzantinistes depuis 1978. De ce fait, il mérite d 'être amplement diffusé et si possible traduit dans d 'autres langues , notamment en anglais.







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